UNE CABANE EN 1870

L'ébullition de la sève à la cabane à sucre de Louis Rhéaume de Château-Richer. (Livernois et Bienvenu, Le temps des sucres, vers 1870.)

Ce cliché peut nous éclairer sur l'origine de la cabane à sucre traditionnelle. L'invention de l'évaporateur aurait pu nécessiter alors une cabane plus grande et des changements importants: l'apparition sur l'ouverture du toit d'une protection permanente contre les intempéries, la construction d'un appentis pour la shed à bois, l'ajout d'une porte et d'une fenêtre. La possibilité d'y manger et d'y dormir aurait pu rendre inutile une cabane de bûcheron à proximité.

 


Croquis, Calepins d'E.-J. Massicotte.
Musée du Québec

 

Les planches appuyées sur le mur extérieur et sur la brimbale étaient utilisées pour installer un toit de fortune au-dessus des chaudrons lorsqu'on ne faisait pas bouillir. C'était une protection en cas de neige ou de pluie. Comme place de sucre, on choisissait généralement une clairière souvent exposée au vent qui soulevait des cendres, des feuilles, des écorces, ... qui pouvaient retomber dans les chaudrons. Cela pourrait expliquer l'origine des murs de planches.

 

Une femme fait bouillir et surveille les feux. Trois chaudrons, dont un plus petit pour la finition du sucre, sont suspendus à une potence (un tronc d'arbre) grâce à des étemperches coupées dans un jeune arbre. De grosses coches faites à la hache permettent de retenir l'anse des chaudrons. Les parties portantes de la brimbale et du toit sont fabriquées à partir de jeunes arbres parfois déjà sur place ou coupés et enfoncés dans le sol.

 

 

 

La récolte de la sève à la ferme de Louis Rhéaume de Château-Richer.
(Livernois et Bienvenu, La cabane à sucre, vers 1870. Papier albuminisé.)

 

Le cliché ci-dessus, La récolte de la sève, nous présente une vue éloignée de la cabane. (Il semble que certains des récipients pour recueillir la sève à la base des érables sont de grands cônes en écorce de bouleau.)  
« Cette cabane est faite en troncs d'arbres superposés, avec un toit à pente unique qui forme à la façade, au-dessus de la grande porte, un auvent de six ou sept pieds. C'est sous cet auvent que se place le foyer : deux pieux fourchus bien fixés en terre, une grande barre transversale pourvue de crochets de bois auxquels on suspend les chaudières, voilà toute l'installation. Quand les chaudières sont mises en place et emplies d'eau d'érable, on allume le feu par-dessous, et il n'y a plus qu'à entretenir le brasier et à remplir à mesure que l'évaporation se produit. »